Dernière mise à jour le : 5 novembre 2020 par Rénovation et travaux

Le sable, c’est l’élément phare des plages d’ici et d’ailleurs. Il s’agit également d’une ressource largement exploitée par les industriels, en particulier ceux du BTP. Et pour cause, le sable fait notamment partie de la composition du béton. Malheureusement, ce matériau si commun pourrait venir à nous manquer d’ici quelques décennies. Quelles sont les quantités de sable disponibles sur la planète ? Pourquoi le sable est-il amené à disparaître ? Nous avons mené l’enquête.

D’où vient le sable ?

Pour étudier la disparition du sable, encore faut-il se pencher sur son origine.

Le sable est un minéral granulaire inorganique, constitué de particules individuelles ou de grains formés par l’altération et l’érosion de la roche. En France et dans divers autres pays, on qualifie de sable un matériau dont la granulométrie est comprise entre 0,063 et 2 mm.

Un peu moins de 3/4 des grains de sable sont constitués de quartz, une forme de dioxyde de silicium, aussi connue sous le nom de silice. Quid de son origine ? Comme nous l’avons évoqué, une partie du sable présent sur Terre est formé par l’érosion des roches sous l’effet de l’eau, du vent et/ou de la température.

On distingue également le sable accumulé dans des dunes ou des plages fossiles, durant les glaciations du Quaternaire, ainsi que le sable issu de l’érosion d’une roche volcanique.

Précisions que si dans notre imaginaire, le sable est présent en illimité dans n’importe quel désert, cette matière première ne représente que 20 % de la superficie du Sahara.

Le sable : une ressource primordiale pour le BTP

Si le sable est à étudier de près, ce n’est pas simplement parce qu’il nous offre un peu d’évasion au bord des plages. En réalité, le sable est un matériau très utilisé par l’Homme.

Le sable est notamment sollicité dans l’univers high-tech. Sa teneur élevée en dioxyde de silicium permet en effet de fabriquer des processeurs, des puces électroniques ou encore des cartes bancaires. Cela étant, il convient de rendre à César ce qui appartient à César : le consommateur numéro 1 de cette ressource reste de loin l’industrie de la construction. Le sable rentre dans la composition du béton (⅔ de sable et ⅓ d’un mélange eau/ciment), le matériau phare du secteur du BTP.

Pour édifier une maison, 200 tonnes de sable sont nécessaires. Dans le cadre de travaux plus conséquents, comme la réalisation d’un hôpital ou d’un kilomètre d’autoroute, respectivement 3 000 et 30 000 tonnes de ce minéral sont exploités.

La demande mondiale de sable a bondi de 360% en 3 décennies. Elle culmine de nos jours à 50 millions de tonnes par an, dont 60% émane de la seule Chine. Les projets de construction pharaoniques, tels que la réalisation d’îles artificielles, expliquent notamment cette consommation gargantuesque de sable dans toute l’Asie.

Pourquoi manque-t-on de sable ?

Si le sable peut sembler être, de prime abord, un matériau aux quantités illimitées, tout esprit rationnel comprendra rapidement que c’est loin d’être le cas. Comme le marbre ou l’or, le sable existe en quantités limitées. Mais pourrait-il en venir à disparaître ?

La disponibilité du sable dans le Monde

Selon une infographie du site internet allemand Tradesmachines, à retrouver ci-dessous, il y aurait 120 millions de milliards de tonnes de sable disponibles sur Terre, une quantité en théorie largement suffisante pour répondre à la demande croissante.

Néanmoins, moins de 5% du sable disponible est utilisable pour l’élaboration de béton. Le sable du désert a la particularité d’être constitué de grains très lisses, ce qui n’en fait pas un minéral attractif pour l’industrie du bâtiment. Considérer un désert comme une vaste source de sable serait donc une erreur.

L’essentiel du sable sollicité aujourd’hui est issu de mines et carrières, auquel s’ajoute un petit pourcentage de sable marin (2,5% de la production totale).

Le sable est-il amené à disparaître ?

L’urbanisation galopante et la faible disponibilité d’un matériau exploitable sont l’une des causes de la pénurie de sable que nous pourrions très probablement vivre.

L’autre problème relevé est le suivant : les barrages qui ont fleuri durant notre époque contemporaine retiennent les sédiments qui vont supposément en direction des plages et des mers. Le processus de régénération du sable est ainsi considérablement perturbé.

Si d’aucuns redoutent la raréfaction progressive du précieux minéral, les écologistes pointent quant à eux les conséquences désastreuses de son extraction. Destruction des herbes marines, assèchement des affluents, érosion des bancs de sable qui perturbent l’environnement de nombreuses espèces… l’impact négatif de l’utilisation du sable est colossal !

En outre, depuis 2005, plus de 20 îles indonésiennes ont littéralement disparu grâce à l’exploitation du sable. Leur sable ont en effet servi à façonner des paysages artificiels du voisin singapourien. À ce rythme là, les plages pourraient même être rayées de la carte d’ici 2100.

Des solutions alternatives s’offrent pourtant aux professionnels de la construction. Nous songeons notamment à l’amélioration du recyclage des déchets occasionnés par le BTP, ainsi qu’à l’usage de matériaux tels que la terre et le verre recyclé. Une fois encore, on peut remarquer à quel point le secteur du BTP et l’écologie sont liés.

Si vous cherchez à en savoir plus sur le sujet de la disparition du sable, nous vous laissons avec l’infographie de Tradesmachines, particulièrement complète sur le sujet :

Disparition du sable

Pénurie de sable. Source : Tradesmachines