Dernière mise à jour le : 5 novembre 2020 par Rénovation et travaux

Les contrats de performance énergétique (CPE) ont le vent en poupe ! C’est en tout cas le constat de la dernière étude du Syndicat national de l’exploitation climatique. Le SNEC préconise ainsi un usage plus généralisté des CPE. Il faut dire qu’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments est l’un des enjeux du BTP depuis de nombreuses années. Lumière sur les CPE et les récentes conclusions du SNEC à leur sujet.

Le principe des Contrats de performance énergétique

Pour comprendre les enjeux des récentes études du Syndicat national de l’exploitation climatique (SNEC), encore faut-il être à jour sur le principe même des contrats de performance énergétique (CPE).

Les CPE est un dispositif institué en France, grâce à l’article 5 de la loi Grenelle I. Il s’agit d’un contrat qui lie un maître d’ouvrage à un opérateur, afin de s’engager sur l’amélioration réelle de l’efficacité énergétique d’un bâtiment ou d’un ensemble de bâtiments.

L’enjeu est de rénover l’immobilier urbain, pour augmenter son efficacité énergétique. Cela passe notamment par des travaux d’isolation et par le remplacement de moyens de chauffage.

Le premier CPE a été conclu fin 2009. Depuis, de nombreux CPE ont été signés, le plus souvent entre des communes et des opérateurs.

Enquête du SNEC 2020 sur les CPE

Le SNEC est le syndicat de référence pour les entreprises engagées dans l’amélioration énergétique des bâtiments, ce qui concerne donc de très nombreuses entreprises de rénovation. Il est dès lors logique que le SNEC s’intéresse directement aux CPE et à leur intérêt pour le secteur du BTP, comme pour les communes.

Dans sa récente enquête sur les CPE, le SNEC revient sur l’intérêt et les usages de ce dispositif existant depuis maintenant plus de 10 ans. Dans son enquête, le SNEC rappelle l’intérêt majeur des CPE pour respecter les objectifs ambitieux imposés en matière de transition énergétique et climatique.

Il rappelle notamment la différence principale entre un CPE et un projet de rénovation. Contrairement à un chantier de rénovation, le CPE s’intéresse uniquement à l’objectif de performance énergétique. Il ne s’agit donc pas de rénover l’immobilier ancien, mais bel et bien d’atteindre les objectifs énergétiques imposés par la commune ou par le maître d’ouvrage. La notion de résultat y est donc bien plus présente que dans un chantier traditionnel.

10 ans de contrats de performance énergétique : quel bilan ?

L’enquête du SNEC revient bien évidemment sur le développement des CPE sur la décennie passée. Pour cela, elle s’intéresse à non moins de 153 contrats de performance énergétique, qui couvrent la restauration de 3400 bâtiments, sur plus de 7 millions de m².

Elle montre l’intérêt croissant pour les CPE pour les différents acteurs du bâtiment, et revient sur les objectifs variés liés au CPE. L’échantillon analysé englobe une grande variété de bâtiments, depuis le résidentiel (31% de l’échantillon) à l’immobilier de bureaux (27 %) en passant par les bâtiments d’enseignement (29 %), avec une moyenne de 22 bâtiments par CPE (qui montre la portée de chaque contrat).

En plus d’objectifs liés directement aux économies d’énergie, les contrats de performance énergétique se complètent très souvent d’objectifs secondaires, notamment la réduction des gaz à effet de serre (objectif présent dans 44% des contrats étudiés dans l’enquête) ou l’amélioration de la qualité de l’air intérieur.

L’un des enjeux de l’enquête est de montrer l’impact concret des CPE sur l’efficacité énergétique des bâtiments au global. Il est évident qu’un CPE parfaitement encadré, et sur un vaste réseau de bâtiments, offrira des résultats plus concrets (et mieux mesuré) que des travaux de rénovation réalisés individuellement, sur chaque bâtiment, et sans suivi des résultats.

Les résultats, parlons-en ! Olivier Salvat, président du SNEC, affirme avec fierté que 100 % des CPE ont atteint leur objectif initial, et que 71 % d’entre eux les ont dépassé ! Preuve s’il en est que s’intéresser à l’objectif de performance énergétique reste essentiel dans une démarche d’amélioration énergétique des bâtiments.