Dernière mise à jour le : 5 novembre 2020 par Rénovation et travaux

L’avenir du BTP se tourne-t-il vers des chantiers autonomes ? C’est tout du moins ce vers quoi tend l’entreprise SafeAI, qui a annonce la mise en place d’un premier chantier autonome test aux États-Unis. Des engins de chantier autonome seront chargés d’opérer seuls, grâce à une intelligence artificielle. Un chantier de construction autonome : science-fiction ou avenir proche ?

Premier test d’un chantier autonome aux États-Unis

C’est l’entreprise américaine SafeAI qui a annoncé la mise en place du tout premier chantier de construction autonome, en Californie. Ce chantier aura lieu grâce à la collaboration de SafeAI avec le groupe de construction japonais Obayashi Corporation.

Ayant lieu dès novembre 2020, ce chantier mettre en scène un Caterpillar 725 automatisé. Ce tombereau articulé, spécialisé dans la charge et décharge de matériaux, sera en mesure de faire des cycles automatiques de chargement, transport et déchargement de matériaux, sur un site minier.

Ce premier chantier test fait office de projet pilote, qui marque le début d’une collaboration récente entre SafeAI et Obayashi Corporation. Et pour cause, le groupe japonais n’a commencé à investir dans l’entreprise américaine qu’en avril 2020, moins d’un an avant cette première mise en application des technologies autonomes développées par SafeAI.

Il y a donc fort à parier que le succès du chantier californien est particulièrement important pour SafeAI et ses projets d’automatisation des engins de chantier.

En Avril dernier, Hiroto Sato, directeur financier d’Obayashi Corporations déclarait : « Le marché des engins de chantier autonome est l’une des plus grandes opportunités de marché émergent pour le secteur de la construction. Obayashi soutient SafeAI non seulement comme un investisseur, mais aussi comme un allié stratégique, en lui offrant notre expérience opérationnelle sur les chantiers de construction. »

Vers des engins de chantier autonome

C’est aux États-Unis que la demande d’engins de chantier autonomes se fait de plus en plus ressentir, avec pour objectif clef de rendre les chantiers plus rentables et plus sûrs. On notera que SafeAI investit avant tout dans l’automatisation des engins de constructions destinés aux sites miniers.

L’entreprise s’intéresse particulièrement à l’automatisation de pelleteuses, de bennes articulées ou encore de bulldozers. Il faut dire que l’investissement dans l’intelligence artificielle peut simplifier et accélérer les chantiers miniers ou les chantiers de construction de grande envergure. On comprend facilement l’intérêt d’un engin de chantier capable de collecter automatiquement des minéraux sur le lieu de chantier, et de les acheminer automatiquement vers la zone d’évacuation.

Il est donc évident que ce premier chantier de construction autonome ne sera pas le dernier ! D’autant plus que le duo SafeAI/Obayashi Corporation n’est clairement pas le seul à investir le marché de la construction autonome.

Le plus de SafeAI ? Son système peut s’intégrer à une flotte déjà existante d’engins de chantiers. De quoi permettre aux entreprises de construction qui peinent à recruter des conducteurs qualifiés d’automatiser leurs engins pour simplifier leurs chantiers.

Intelligence artificielle : quel avenir pour le BTP ?

Si la voiture autonome arrive peu à peu sur le marché automobile, il aurait été naïf de penser que l’intelligence artificielle n’aura pas d’impact sur les autres engins motorisés. Une benne, une grue ou encore un bulldozer automatisés seront clairement du pain-béni pour les entreprises de construction et de démolition.

Pour autant, faut-il avoir peur de ce premier chantier de SafeAI ? Pas nécessairement. Les applications de ces engins de chantier autonome sont pour le moment relativement limitées, et il se posera toujours la question de la sécurité sur un chantier. Ce qui s’applique sur un terrain minier bien dégagé sera plus délicat à appliquer dans un chantier de construction de taille limitée, et qui accueille de nombreux ouvriers.

À long terme, on peut craindre qu’une partie des métiers spécialisés du BTP (et notamment ceux qui tournent autour de la conduit d’engins de chantiers) puissent être menacés par l’arrivée prochaine de l’intelligence artificielle. On peut également y prédire l’émergence de nouveaux métiers, ciblés autour de la mise en place et de la gestion de ces engins de chantier autonome.

Mais l’arrivée en France de ces équipements autonomes n’est pas pour demain. Et il est évident que l’investissement de départ nécessaire pour automatiser une flotte de véhicules ne sera accessibles qu’aux plus grandes entreprises du BTP.