Si l’impression 3D s’est peu à peu démocratisée pour l’impression de petits objets, on sous-estime souvent l’impact de cette technologie sur le secteur de la construction. Construire une passerelle en impression 3D ? C’est justement le petit défi que se pose la ville d’Aubervilliers, dans le cadre des jeux olympiques de 2024. Lumière sur cette future passerelle en béton conçue en impression 3D, et sur les perspectives de cette solution de construction.

Un pont en impression 3D en France

La ville d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) ne marquera pas seulement l’année 2024 grâce à l’organisation des Jeux Olympiques. Elle aura également son petit impact architectural, elle qui pourra inaugurer le tout premier pont français en impression 3D (conçu à l’occasion de l’évènement sportif international).

Cette passerelle de 40 mètres de long et de 5 mètres de large va permettre aux piétons de traverser le canal Saint-Denis de la rue Pierre Larousse au quai Gambetta, grâce à un tablier imprimé en béton 3D. L’ambitieux projet est tenu grâce à la collaboration de différentes entreprises, à savoir Freyssinet (spécialisé en ouvrages du génie civil, qui a annoncé le projet), Lavigne et Chéron Architectes (maîtres d’oeuvres sur le chantier), XtreeE (spécialiste de l’impression 3D dans la construction), LafargeHolcim (spécialiste du ciment) et enfin Quadric (ingénierie du projet).

Il ne faudra pas moins d’acteurs dans cette solide collaboration, pour créer un projet encore inédit en France. Ambitieux, le chantier va permettre la conception d’une passerelle futuriste en béton, à l’aide de la technologie de l’impression 3D. Il ne faudra pas moins de 15 mois de développement pour affiner le processus d’impression 3D et s’assurer de la faisabilité du projet.

 

Pont en béton en impression 3D

© Lavigne & Chéron Architectes

Pourquoi créer un pont en impression 3D ?

Imprimer un bâtiment en 3D est loin d’être une fantaisie d’architecte ! En réalité, les différents acteurs du projet estiment que l’impression en béton 3D peut permettre un double avantage :

  • Jusqu’à 60 % d’économie sur la quantité de béton consommée,
  • La minimisation des volumes de la passerelle ainsi créée.

Par ailleurs, l’ouvrage serait composé notamment de béton bas carbone et de bois, pour limiter considérablement l’empreinte carbone du projet.

Véritable prototype, ce pont imprimé en 3D risque peut être d’essuyer quelques plâtres, puisque sa conception va passer par de multiples essais sur du béton imprimé. Néanmoins, il est facile de mesurer l’intérêt d’une telle conception. Une fois le projet terminé, il serait techniquement possible de le « dupliquer » aux quatre coins du monde. On conçoit alors l’impact possible de l’impression 3D dans le monde du BTP.

Quand peut-on s’attendre à marcher sur un pont imprimé en 3D ?

S’il est évident que le premier pont imprimé en 3D de France doit être livré avant les Jeux Olympiques de 2024, les Albertivillariens vont tout de même devoir attendre patiemment avant de fouler du pied la fameuse passerelle.

Et pour cause, après une phase de développement de 15 mois, la phase de conception des travaux devrait s’étaler sur 26 mois, depuis octobre 2021 à décembre 2023… Si tant est que la conception d’un ouvrage si ambitieux soit techniquement possible. Les différentes parties de la passerelle seraient produites en usine, puis mises en œuvre directement sur le lieu du chantier.

Si les entreprises françaises parviennent à réaliser ce tour de main, il s’agira d’un véritable exploit en matière de conception, qui devrait ouvrir de nombreux horizons dans les années à venir.

Quel avenir pour l’impression 3D dans le BTP ?

Une chose est sûre : la passerelle d’Aubervilliers ne sera clairement pas la seule conception en impression 3D dans le bâtiment. XtreeE, startup française lancée en 2015 et qui développe des unités d’impression 3D pour la construction, a déjà annoncé créer des unités d’imprimantes 3D connectées au Japon et aux Etats-Unis.

Cela ne signifie bien évidemment pas que vous serez bientôt en mesure de concevoir une passerelle en béton dans votre garage. Néanmoins, il y a fort à parier que l’impression 3D pourrait faciliter grandement de nombreux chantiers à travers le monde. Elle permettrait notamment de réduire considérablement les frais de transport et l’utilisation de matières premières, et faciliterait l’assemblage de différents éléments sur le lieu du chantier.

On notera par ailleurs que l’impression 3D n’utilise pas que du béton. XtreeE utilise notamment du plâtre ou encore de l’argile. Certains projets utilisent également l’impression 3D avec du métal. Si l’impression 3D permet pour le moment de créer uniquement certains éléments structurels, qui sait jusqu’où cette technologie pourra accompagner le secteur de la construction ?