Dernière mise à jour le : 20 juillet 2021 par Rénovation et travaux

 

Le 15 avril 2019, un incendie a eu lieu à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les flammes ont détruit une partie du toit, ce qui a entraîné l’effondrement de la flèche de l’édifice. Depuis ce tragique incendie, un immense chantier est en cours afin de restaurer l’un des monuments historiques les plus emblématiques de France. Mais alors où en sont les travaux, plus de deux ans après l’incendie ? Rénovation et Travaux vous propose un bilan des travaux déjà réalisés et des prochaines étapes du chantier.

Incendie et dégâts constatés

Le 15 avril 2019, dans la soirée, un incendie s’est déclaré à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ce jour-là, un des joyaux du patrimoine français est parti en fumée, sous les yeux du monde entier.

Notre-Dame de Paris avant l'incendie

Notre-Dame de Paris avant l’incendie

Lors de l’incendie, une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris faisait l’objet de travaux de rénovation. Ces travaux avaient pour but principal de nettoyer l’extérieur de la flèche et les sculptures métalliques, noircies et oxydées. Un échafaudage et plusieurs plateformes étaient en cours de montage, afin de permettre ces restaurations. Mais l’incendie du 15 avril 2019 a coupé court aux rénovations.

Grâce à l’intervention rapide de centaines de pompiers, les dégâts ont pu être limités.

Néanmoins, l’incendie a provoqué de nombreux sinistres importants, affectant principalement la structure de l’édifice. Les flammes ont détruit la toiture de la nef, mais aussi sa charpente en bois et sa couverture. La disparition de la toiture a entraîné l’effondrement de la flèche de la cathédrale, construite au XIXe siècle. Cela a aussi provoqué l’écroulement d’une partie des voûtes (croisée du transept, travée de la nef).

La structure de l’édifice a donc été fortement fragilisée.

Incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Quel projet pour la restauration de Notre-Dame de Paris ?

Après l’incendie, de nombreux débats et interrogations ont émané afin de déterminer le projet à mettre en place pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Quelle solution privilégier pour la reconstruction ? Redonner à la cathédrale son aspect initial ou la moderniser ?

La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) voulait étudier plusieurs scénarios possibles, concernant la restauration de la cathédrale. Tout en respectant les matériaux d’origine, trois approches différentes avaient été présentées à la commission.

À la fin du mois de mars 2021, le projet de restauration de la charpente de la nef et du chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris a été validé par la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA). C’est finalement le dessin le plus proche de la construction d’origine qui a été choisi par la CNPA.

L’objectif est donc de rebâtir la structure en gardant les mêmes formes que la charpente médiévale. La flèche de la cathédrale sera aussi reconstruite selon le modèle de la flèche d’origine. Il s’agit de redonner à la cathédrale sa profondeur historique, en respectant l’héritage de Viollet-le-Duc. En effet, c’est cet architecte qui avait construit la flèche d’origine au XIXe siècle, lors d’un projet de restauration de Notre-Dame de Paris.

Cependant, il n’est pas question de reproduire exactement à l’identique la structure. Il s’agit de restituer les éléments pertinents au plan structurel et patrimonial de l’œuvre. Mais la construction de la nouvelle flèche va évidemment prendre en compte les avancées en termes d’ingénierie moderne.

Un chantier de restauration hors-norme

Le chantier de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris est colossal. Il est d’ailleurs considéré comme le « chantier du siècle ».

Heureusement, une grande solidarité et générosité se sont développées dans le monde entier, après l’incendie. La France a ainsi reçu de nombreux dons d’argent, des quatre coins du monde, afin de financer la restauration de la cathédrale. La somme totale récoltée pour réaliser cet immense chantier de restauration s’élève aujourd’hui à plus de 833 millions d’euros.

Le chantier de restauration de la cathédrale a été confié à plus de 40 entreprises du BTP, qui travaillent main dans la main afin de réaliser cet immense chantier. De nombreux artisans qualifiés, de corps de métier différents, interviennent tous les jours pour reconstruire ce monument emblématique de la capitale française.

Le site officiel de l’Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris vous tient informé de l’évolution du chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Vous pouvez ainsi suivre toutes les étapes de la restauration de l’édifice, et vous informer sur le travail des artisans qui participent à ce chantier.

Il est également possible de suivre l’avancée du chantier sur les comptes Instagram et Facebook de l’Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Première étape : sécuriser le chantier pour la reconstruction

L’incendie a fragilisé la structure globale de l’édifice. Il était donc essentiel pour le commencement du chantier de restauration de sécuriser la cathédrale.

Plusieurs travaux ont permis la sécurisation de l’édifice :

  • Sauvetage et mise en conservation des reliques et des œuvres d’art ;
  • Restauration des 16 statues de la flèche ;
  • Déblaiement et tri des vestiges ;
  • Cintrage des 28 arcs-boutants ;
  • Évacuation du grand orgue (août à décembre 2020) : pour le protéger et le restaurer ;
  • Démontage de l’échafaudage sinistré (juin à novembre 2020) : il a fallu scier et évacuer l’entièreté des 40 000 tubes de métal qui avaient fondu, et qui représentaient un risque important pour la cathédrale ;
  • Pose d’un parapluie : pour assurer la mise hors d’eau du chœur, des transepts et de la nef ;
  • Montage d’un nouvel échafaudage ;
  • Sécurisation des voûtes (janvier à juin 2021) : il s’agit de poser des cintres en bois sous les voûtes pour les consolider. Les demi-cintres mesurent entre 6 et 10 de long et pèsent entre 1 et 1,6 tonne.
Sécurisation du chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Sécurisation du chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris

La première grande étape du chantier de Notre-Dame de Paris, à savoir la sécurisation de l’édifice, arrive enfin à son terme.

Opérations préalables à la restauration et prochaines étapes

Les véritables travaux de restauration de la cathédrale commenceront à l’hiver 2021. D’ailleurs, un appel à compétences pour réaliser le chantier de restauration a déjà été lancé. Pour tout savoir sur cet appel à compétences, consultez cet article de l’Actualité BTP de Rénovation et Travaux.

Néanmoins, les artisans intervenant sur le chantier ont déjà réalisé certaines opérations préalables à la restauration.

Réalisation d’un chantier-test

Un chantier-test sur deux chapelles de l’édifice a déjà été réalisé : les chapelles Saint-Ferdinand et Notre-Dame de Guadeloupe.

L’objectif de ce chantier-test est de définir un protocole de nettoyage et de restauration. Ce protocole sera ensuite appliqué à l’ensemble des 24 chapelles de la cathédrale.

Ce chantier-test a jusqu’alors donné des résultats assez satisfaisants et encourageants pour la poursuite des travaux de restauration de la cathédrale.

Sélection et début de la récolte des arbres

En mars 2021, les architectes en chef des monuments historiques Philippe Villeneuve et Rémi Fromont ont sélectionné les premiers chênes, destinés à reconstituer la flèche et la charpente de la cathédrale. Ils étaient accompagnés de la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, du ministre de l’Agriculture Julien Denormandie et du général Jean-Louis Georgelin, président de l’Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Les chênes choisis en mars 2021 proviennent de la forêt de Bercé, dans la Sarthe. Mais les chênes ne viendront pas tous de cette forêt. En effet, il faudra utiliser plus de 1000 chênes pour reconstruire la flèche de la cathédrale. Ainsi, toute la filière de la forêt et du bois de France se mobilise pour fournir les chênes nécessaires à la reconstruction de la flèche de Notre-Dame de Paris.

Les chênes sélectionnés seront sciés, puis entreposés de 12 à 18 mois afin d’atteindre un taux d’humidité inférieur à 30%. Un taux d’humidité faible est nécessaire pour éviter une déformation du bois. Ils seront ensuite acheminés vers les ateliers de charpenterie, pour être découpés et taillés selon les plans prévus.

Recherche de nouvelles pierres pour l’édifice

La campagne de recherche de nouvelles pierres, destinées à remplacer celles qui avaient été endommagées par l’incendie, est en cours. Il s’agit de trouver la roche la plus similaire possible à celle utilisée lors de la construction de la cathédrale au XIIe siècle.

Pour effectuer ces recherches et trouver les pierres nécessaires, les équipes du chantier bénéficient du soutien du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Quelle perspective pour l’avenir ?

Après l’incendie de la cathédrale, le Président de la République française, Emmanuel Macron, avait immédiatement pris l’engagement de restaurer la cathédrale dans un délai de 5 ans. Le choix de ce délai s’explique par la volonté de l’État que le lieu soit prêt à accueillir les touristes lors des Jeux olympiques de 2024.

Or, cet objectif est jugé trop audacieux par certains, qui estiment que le délai de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris est trop court.

De plus, depuis le début des travaux de rénovation, le chantier est soumis à de nombreuses contraintes et obstacles : la crise sanitaire, la présence de plomb sur le parvis de la cathédral, l’arrêté de péril. Même si le chantier a bien avancé, ces quelques obstacles empêchent les artisans de travailler dans les meilleures conditions possibles.

Pour l’heure, l’objectif fixé par Emmanuel Macron n’est pas remis en cause. Nous espérons toujours que le chantier de restauration de la cathédrale sera achevé d’ici 2024.

Prochainement, les équipes examineront les études de diagnostic réalisées par les architectes. Cela permettra par la suite de mettre au point un programme de travaux, un calendrier précis et un budget.