Il est évident que la crise sanitaire de 2020 a eu un impact fort sur le marché immobilier, et autant dire que cet impact n’est pas négatif partout ! Les récents chiffres dévoilés par Immostat indiquent en effet une hausse record de l’investissement immobilier résidentiel en France. L’occasion de chercher à anticiper les évolutions des investissements immobiliers en 2021, et les impacts à prévoir sur le marché de l’immobilier et du BTP…

Les chiffres d’Immostat sur le marché immobilier

Depuis 2001, Immostat est un groupement d’intérêt économique (GIE) qui se charge de regrouper  des informations clefs, pour donner une vision précise des marchés immobiliers d’Ile-de-France. Immostat s’intéresse tout particulièrement aux investissements immobiliers, sous forme d’actifs, et analyse donc avant tout le potentiel d’investissement lié au marché immobilier.

Entre autres chiffres publiés par Immostat, son montant de l’investissement résidentiel en France analyse le volume global des actifs résidentiels acquis sur une période donnée. L’indicateur regroupe l’ensemble des actifs résidentiels vendus en bloc : logements locatifs, résidences sénior non médicalisées, actifs résidentiels mixtes, résidences étudiantes ou encore espaces de coliving. Seuls les logements sociaux purs sont retirés de cette analyse.

À travers ce chiffre, Immostat permet d’indiquer quels sont les tendances des investisseurs sur le marché immobilier. Notons que l’analyse d’Immostat ne concerne que les transactions réalisées par des investisseurs (c’est-à-dire des personnes qui cherchent à retirer un rendement financier de la détention du bien immobilier), et dont le montant est supérieur à 1 millions d’euros.

Marché immobilier 2020 : une hausse importante de l’investissement immobilier résidentiel

Les chiffes parlent d’eux-mêmes. Selon Immostat, le montant total des investissements dans le résidentiel en France passe de 3,923 milliards d’euros en 2019 à 5,536 milliards d’euros en 2020, soit une progression impressionnante de 41 %.

Une hausse record qui montre que les investisseurs s’intéressent directement au marché immobilier résidentiel, réaction logique suite à une crise du marché des bureaux.

Du côté des résultats, les actifs résidentiels classiques et intermédiaires génèrent 4,7 milliards d’euros, ce qui représente une hausse de 92 % par rapport à 2019 (un véritable record !). Résultat nettement moins impressionnant pour les actifs résidentiels gérés (investissement dans des résidences avec service, type résidence étudiante), qui ont subi une baisse de 43 % par rapport à 2019, en affichant 814 millions d’euros en 2020.

Cela ne va pas déclencher néanmoins un manque d’intérêt des investisseurs pour l’immobilier géré. Dans les faits, c’est plutôt l’offre de résidences services qui manque, plutôt que la demande des investisseurs.

Ces chiffres montrent quoi qu’il en soit un intérêt grandissant des investisseurs français et internationaux pour l’immobilier résidentiel en France.

Vers une hausse de la construction résidentielle ?

Si Immostat présente avant tout des chiffres bruts, on peut espérer que le regain d’intérêt des investisseurs pour le résidentiel déclenche une hausse de la construction neuve. À l’heure actuelle, ce ne sont pas les investisseurs qui manquent… mais plutôt les projets !

Alors que la construction neuve accuse un recul de 7 % en 2020, qui ne semble pas s’améliorer en 2021, un regain d’activité dans la construction serait clairement accueilli favorablement par le secteur du BTP. Entre autres idées pour stimuler les chantiers, la transformation des bureaux en logements. C’est tout du moins ce qu’avance Sébastien Lorrain, directeur résidentiel de CBRE France (n°1 mondial du conseil en immobilier d’entreprise). Une idée clairement séduisante en Ile-de-France, mais nettement plus limitée dans le reste de la France.

S’il est encore trop tôt pour voir cet intérêt des investisseurs dans la hausse du nombre des chantiers,​ Sébastien Lorrain considère que l’investissement résidentiel deviendra la nouvelle valeur refuge pour les investisseurs. Selon lui, le marché amènera notamment au développement du résidentiel géré, avec l’apparition de davantage de résidences pour séniors ou pour étudiants, ou encore d’espace de coliving.

Il n’en reste pas moins que le résidentiel devrait être la valeur sûre pour les investisseurs de demain. Les chiffres d’Immostat sont en effet nettement moins prometteurs en ce qui concerne le marché immobilier des bureaux, dont les investissements sont passés de 28 499 milliards d’euros en 2019 à 19 066 milliards d’euros en 2020, soit un recul de 33 %.